De l’AVC chez l’homme à la tendinite chez le cheval

Fondation Hippolia – newsletter #2 août 2014 –

 

Dans la phase précoce d’une tendinite, il se forme un hématome qui peut nuire à la bonne cicatrisation du tendon. Chez le cheval, aucune thérapeutique médicale n’existe actuellement pour traiter spécifiquement cet hématome. En travaillant avec des chercheurs de l’Inserm, spécialisés dans les pathologies neurovasculaires humaines et notamment la prise en charge des AVC, une équipe de la Fondation Hippolia espère mettre au point un traitement novateur permettant de résorber rapidement les hématomes intratendineux, et ainsi accélérer le retour à l’entraînement des chevaux blessés. C’est le projet Equilyse.

Quel point commun y a-t-il entre un accident vasculaire cérébral chez l’homme et une tendinite aiguë chez le cheval ? La formation d’un caillot sanguin qui peut avoir des conséquences néfastes sur les tissus. C’est sur la base de cette surprenante analogie, que deux équipes de recherche, l’une spécialisée en médecine humaine et l’autre en santé équine, collaborent pour mettre au point un nouveau traitement de la tendinite aiguë chez le cheval. « Depuis une dizaine d’années, nous travaillons avec Cyceron, une plateforme d’imagerie médicale de pointe située à Caen, explique Fabrice Audigié, directeur adjoint du CIRALE, laboratoire de l’Ecole Nationale Vétérinaire d’Alfort, membre de la Fondation Hippolia. C’est là que nous avons rencontré l’équipe Inserm dirigée par Denis Vivien1, qui étudie notamment l’accident vasculaire cérébral (AVC). » Lors d’un AVC chez l’homme, le traitement d’urgence consiste à détruire le caillot sanguin qui bouche une artère cérébrale (on parle de thrombolyse), afin de restaurer la circulation sanguine dans le cerveau. On utilise pour cela une molécule dite fibrinolytique. L’équipe de Denis Vivien travaille sur ces agents fibrinolytiques et a récemment breveté une molécule innovante, appelée OptPA2, dérivée d’un médicament standard utilisé dans le traitement de l’AVC. Or, si les besoins entre le cerveau humain et l’appareil tendineux du cheval sont différents, ils font appel à des caractéristiques biochimiques communes : besoin d’un agent fibrinolytique efficace afin de réduire le volume des hématomes, d’améliorer la récupération fonctionnelle, tout ceci en diminuant les risques d’un resaignement.

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