Mieux traiter l’endométriose

Article paru dans Tribune Santé n°115 – été 2017 /

 

Brûler les lésions d’endométriose présentes dans le rectum, plutôt que de les enlever par voie chirurgicale, permettrait aux patientes de ne pas souffrir de complications très handicapantes au quotidien. À court terme, environ 300 femmes par an pourraient bénéficier de cette nouvelle technique.

 

C’est une première mondiale, réalisée au CHU de Lyon : l’utilisation d’ultrasons pour détruire les lésions digestives d’endométriose. Ces lésions, liée à la présence de muqueuse utérine en dehors de l’utérus, peuvent être très douloureuses et handicapantes au quotidien. Pour mettre en œuvre cette technique facile à utiliser et en faveur d’une meilleure qualité de vie pour les patientes, le Pr Gil Dubernard a eu l’idée de détourner un appareil utilisé normalement pour traiter les tumeurs de la prostate : « une sonde est introduite par voie rectale, elle permet d’abord de visualiser par échographie la lésion, explique le gynécologue. Puis elle diffuse des ultrasons à haute énergie et focalisés pendant 2 à 5 minute s: la température grimpe à 80°C ce qui dévitalise chaque lésion. » Cette procédure qui dure quelques minutes et ne nécessite aucune incision, est actuellement évaluée dans le cadre d’une recherche clinique. Cinq femmes (sur 10 prévues) ont été traitées avec succès depuis septembre 2015 : « on constate une diminution significative des douleurs sans aucun traitement médical, hormones ou autre, ni complications. » Les patientes sont ressorties de l’hôpital dès le lendemain sans problème pour uriner, et surtout sans stomie, c’est-à-dire sans un anus « artificiel » et une poche dans laquelle sont stockées les fèces, et aucune n’a présenté de fistule (communication accidentelle entre le vagin et le rectum).

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