Pour une équitation écologique

Cheval Magazine n°476 Dossier – juillet 2011

La notion de développement durable s’impose dans de nombreux secteurs de la vie quotidienne. Le monde équestre, pourtant viscéralement lié à la nature, tant du côté des éleveurs que des cavaliers amateurs, semble lui avoir un train de retard. Pratiques responsables, démarches respectueuses de l’environnement et de la biodiversité… Les pistes sont nombreuses pour faire de l’équitation un véritable acteur de la révolution verte.

PARTIE 1 : La green attitude s’impose
La protection de l’environnement devient une préoccupation majeure. Malgré son image d’activité proche de la nature, l’équitation tarde pourtant à s’y mettre, du moins dans notre pays.

Tout cavalier a en mémoire le souvenir heureux d’un trotting en forêt ou de quelques pas dans une rivière limpide. Équitation et nature vont de paire, c’est incontestable. Tous les indicateurs sont au vert : deux tiers des Français ont déjà entendu parler de développement durable, et la majorité d’entre eux, enclin à adopter des comportements responsables, sont en attente de conseils pratiques. Il est temps que la protection de l’environnement soit une préoccupation majeure des cavaliers !

L’Amérique du Nord en pointe

Aux Etats-Unis comme au Canada, c’est une véritable vague de fond. Depuis une dizaine d’années, l’équitation « eco-friendly » s’impose. Preuve en est la multitude de sites web et de livres sur ce sujet, de magazines spécialisés, de cours à l’université ou encore de sociétés de conseils. Forums de discussion et éminents spécialistes débattent ainsi des avantages de la lutte biologique (l’utilisation d’insectes prédateurs qui se nourrissent de larves de mouches) ou de la terre de diatomées (appelée aussi kieselguhr, cette fine poudre de silice issue du broyage de microalgues s’utilise en mélange dans l’alimentation ou saupoudrée telle quelle dans les pâtures pour limiter le développement des parasites). Lutte biologique dans les écuries ? Terre de diatomées comme vermifuges non chimiques ? Voilà deux concepts quasi inconnus de ce côté-ci de l’Atlantique !

Les grands évènements : une vitrine

Développement durable, empreinte carbone, tri sélectif… Il n’est plus de grande manifestation qui ne mette en avant ces valeurs reconnues et appréciées du grand public. Et les évènements équestres de suivre le mouvement. En 2008, les JO de Pékin se voulaient écologiquement responsables. Le Hong Kong Jockey Club, qui accueillait les compétitions équestres, avait alors mis en avant sa méthode de compostage des plus de 30 tonnes de fumier produites chaque jour sur le site. L’année dernière, les Jeux Équestres Mondiaux de Lexington avaient quant à eux décidé de disposer trois types de poubelles sur l’ensemble des sites pour trier les déchets recyclables, compostables et les autres. Toute la vaisselle utilisée sur place était ainsi en matériaux pouvant être réduits en compost.

En France, les grands rendez-vous équestres s’y mettent eux aussi, notamment avec l’aide des partenaires de la Fédération (voie encadré). Depuis 2009, le Salon du Cheval de Paris et Equita’Lyon se sont engagés en faveur du développement durable : tri sélectif, compostage du fumier, mise à disposition de navettes gratuites pour les visiteurs, écoconception des stands… À Paris, un pavillon spécial a même été inauguré sur ces thématiques, le Paris’Durable, où les visiteurs trouvent des informations et conseils sur les énergies renouvelables, le traitement des déchets, le transport, les constructions, l’alimentation et les soins du cheval ou encore les associations, ONG et institutions spécialisées…/…

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