Comprendre et soulager les douleurs

Article paru dans Recherche & Santé n°155 – La revue de la Fondation pour la Recherche Médicale – été 2018 /


Extrait :

Les antalgiques n’agissent pas sur l’origine de la douleur.
VRAI Les médicaments diminuent la sensation de douleur mais ne suppriment pas la lésion qui est à l’origine de celle-ci. Certains comme l’aspirine ou d’autres anti-inflammatoires non stéroïdiens type ibuprofène agissent au niveau périphérique : ils inhibent la production de prostaglandine, une substance impliquée notamment dans le développement de la douleur et de l’inflammation, au niveau même de la lésion ou de la sensation douloureuse. D’autres comme la morphine et ses dérivés (codéine, buprénorphine…) sont des analgésiques dits centraux : ils interceptent et inhibent le message nerveux lié à la douleur au niveau du système nerveux central. Dans tous les cas, ces médicaments ne font pas disparaître l’origine même de la douleur, lésion ou problème fonctionnel.

Le froid soulage les douleurs.
VRAI et FAUX Le froid a plusieurs effets intéressants : il provoque une vasoconstriction, c’est-à-dire une diminution du diamètre des vaisseaux sanguins, ce qui ralentit la circulation sanguine et lutte contre l’inflammation qui peut être à l’origine de la douleur. Il ralentit aussi le métabolisme des cellules, d’où une moindre conduction nerveuse du message douloureux. Le froid est donc utile pour des douleurs d’origine inflammatoire notamment (à condition de ne pas l’appliquer trop longtemps car alors il peut provoquer des lésions). Mais le chaud peut lui aussi lutter contre la douleur ! En effet, il provoque notamment un relâchement musculaire, ce qui peut être intéressant en cas de douleur type contracture, torticolis par exemple, certaines lombalgies ou des courbatures.

Les nouveau-nés ressentent la douleur.
VRAI On a longtemps cru que ce n’était pas le cas, en postulant que leur système nerveux n’était pas suffisamment développé pour conduire les messages nerveux liés à la douleur. De sorte que certains soins et même des interventions chirurgicales étaient réalisés sans aucune analgésie ! Mais en 1987, des chercheurs américains ont démontré le contraire et peu à peu, la prise en charge de la douleur s’est développé chez les plus jeunes enfants. Mais il reste encore beaucoup de progrès à faire, notamment dans les services de néonatalité et de soins intensifs. L’un des problèmes qui se posent aux soignants est l’évaluation de la douleur chez des enfants qui ne peuvent pas s’exprimer et dont les expressions faciales ne sont pas toujours simples à décoder.

La morphine, et les opioïdes en général, rendent dépendant.
FAUX Lorsqu’elle est utilisée à bon escient et au dosage minimum efficace, la morphine et ses dérivés (les opioïdes) n’entraînent pas de dépendance, même à long terme. Par ailleurs, ce n’est parce que l’on prend de la morphine que plus rien d’autre n’est efficace. Le risque le plus important est surtout lié aux effets secondaires comme la constipation, ou si elle est utilisée à trop forte dose, des arrêts cardiorespiratoires. Aux États-Unis, une véritable crise des opioïdes a ainsi émergé récemment : plus de 60 000 personnes seraient mortes en 2016 à cause d’une surdose. En cause, un mésusage de ces médicaments et un manque de suivi par le corps médical.

L’électricité permet de soulager certaines douleurs.
VRAI C’est notamment le cas de la stimulation électrique transcutanée, qui agit localement, de la stimulation électrique médullaire qui agit sur le trajet du message nerveux, ou de la stimulation magnétique transcrânienne qui intervient dans la zone cérébrale du traitement de la douleur. En perturbant le message nerveux à différents endroits, il est donc possible d’atténuer la sensation douloureuse grâce à la stimulation électrique.

 

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