Coup de stress

Cheval Magazine n°479 rubrique Comportement – octobre 2011

Si la vie domestique comporte de nombreux facteurs de stress pour le cheval, c’est un état avec lequel il a appris à vivre dans les conditions naturelles. Les causes peuvent être très diverses, et les conséquences ne doivent pas être négligées.

Lorsque la fuite est le seul moyen de défense dont on dispose face à d’éventuelles menaces, il faut être sans cesse attentif à son environnement. Pour le cheval, cet état de vigilance permanente peut induire une certaine forme de stress. Certes il a appris à vivre avec, puisque c’est dans sa nature même d’herbivore vivant dans de vastes plaines. Mais il existe d’autres sources de tensions possibles. Que ce soit en liberté ou dans la vie domestique, le cheval doit gérer de nombreuses causes de stress physique et émotif.

L’organisation sociale, source de tensions

L’organisation sociale du cheval vivant en liberté, à savoir le harem, peut être à l’origine de situations stressantes. Prenons l’étalon qui assure la cohésion du groupe et saillit les femelles. Quand juments et poulains broutent, il doit faire preuve d’une grande vigilance pour être le premier à réagir si un danger survient. En période de reproduction, et lorsque le harem vit dans un espace vital réduit où il est susceptible de croiser d’autres hordes, le stress est d’autant plus grand qu’il risque de croiser d’autres étalons. Ces concurrents peuvent vouloir « voler » quelques juments, voire engager un combat pour prendre la tête du harem. En parallèle, le mâle guette les chaleurs de ses juments, et multiplie les avances. Il doit parfois subir l’agressivité de quelques femelles récalcitrantes. C’est donc une période particulièrement stressante, et il n’est pas rare de voir au printemps, alors que l’herbe est bien grasse, des mâles un peu amaigris car ils ne passent pas assez de temps à se nourrir correctement. Les risques sont alors encore plus grands de ne pas être suffisamment en forme pour défendre sa place de chef de famille.

Pour les juments, c’est la hiérarchie au sein du harem qui peut être à l’origine de tensions. Si la structure du groupe est stable depuis un certain temps, les comportements agonistiques sont plutôt rares. Mais pour une jeune jument fraichement arrivée par exemple, il n’est pas facile de faire sa place. Les réactions parfois violentes des autres, la compétition qui peut exister pour obtenir les faveurs de l’étalon, peuvent avoir des conséquences néfastes. Une jument porte rarement un poulain dès la première année où elle arrive dans un groupe.

En liberté, il est rare qu’existe une compétition pour l’accès aux ressources alimentaires, sauf dans des écosystèmes très particuliers comme les îles ou les régions désertiques. C’est surtout l’accès aux points d’eau qui peut être compliqué. Si plusieurs groupes doivent s’y rencontrer, cela peut donner lieu à des tensions entre mâles dominants par exemple. Et si un étalon n’est pas capable de s’imposer pour que ses juments boivent en quantité suffisante, il y a un risque de stress hydrique (le corps souffre du manque d’eau) dangereux pour les juments pleines ou allaitantes…/…

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