Des Français testent le pancréas artificiel

Santé Magazine novembre 2015 n°479 /

Mettre au point une machine capable de mesurer la glycémie et d’adapter en conséquence les doses d’insuline délivrées directement par une pompe, sans aucune intervention extérieure, tel est l’objectif de plusieurs équipes de recherche, dont une française.

 

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Ed Damiano est chercheur à l’Université de Boston. Il est aussi père d’un adolescent diabétique. Chaque nuit, il s’inquiète pour son fils qui risque des hypoglycémies pouvant conduire jusqu’à un coma mortel. Le jour, il a peur qu’il ne vérifie pas régulièrement sa glycémie et ne s’injecte pas assez d’insuline… Avec son équipe, il a donc décidé de mettre au point un pancréas artificiel autonome. Un appareil qui permettrait à son fils et à tous les diabétiques de type 1 de ne plus avoir à vérifier plusieurs fois par jour leur glycémie et prévoir à l’avance repas et activité physique pour ajuster leurs doses d’insuline. Un projet sur lequel travaille aussi le service d’endocrinologie du CHU de Montpellier du Pr Éric Renard avec deux autres équipes européennes.

L’autonomie complète comme objectif

Le dispositif repose sur trois éléments, dont deux sont déjà commercialisés depuis plusieurs années : un capteur implanté sous la peau qui mesure en continue la glycémie, et une pompe qui délivre régulièrement des petites doses d’insuline. Les dizaines de milliers de diabétiques dans le monde ainsi équipés lisent plusieurs fois par jour sur le capteur la glycémie mesurée puis ajustent eux-mêmes, si besoin, les doses d’insuline délivrées par la pompe. L’objectif d’Ed Damiano et du Pr Renard est d’automatiser cela grâce à un troisième élément type téléphone portable ou tablette : celui-ci reçoit en temps réel les mesures de glycémie, calcule les doses d’insuline à délivrer grâce à un programme informatique sophistiqué, et commande directement la pompe, sans aucune intervention du patient. « Nous travaillons avec du matériel pré-existant pour avancer le plus rapidement possible, précise le Pr Renard. Ce que nous testons c’est l’automatisation du système » en mettant au point un programme informatique le plus « intelligent » possible.

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