Dossier : cancer de la prostate, de la surveillance aux traitements ciblés FRM#140

Dossier sur le cancer de la prostate paru dans Recherche & Santé n°140
La revue de la Fondation pour la Recherche Médicale – octobre 2014

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EXTRAIT :

Il y a de plus en plus de cancer de la prostate.
VRAI C’est le cancer dont l’incidence a le plus augmenté ces 25 dernières années : autour de 71 100 nouveaux cas estimés en 2011, contre 22 600 en 1990. Plusieurs facteurs expliquent cela. En premier lieu, le vieillissement de la population. L’âge est en effet le principal facteur de risque du cancer de la prostate. Par ailleurs, les techniques de diagnostic ont progressé, et de plus en plus d’hommes décident de se soumettre au dépistage précoce. Chaque année en France, plus de quatre millions de dosages de PSA sont réalisés chez des hommes sans éléments de suspicion de cancer, donc à des seules fins de dépistage, alors même que les autorités sanitaires ne recommandent pas un dépistage systématique.

Un cancer de la prostate peut passer inaperçu.
VRAI Le cancer de la prostate est un cancer d’évolution relativement lente. S’il est diagnostiqué tôt, il n’y a en général aucun symptôme particulier. Il peut aussi survenir chez un homme âgé, et du fait de sa lente évolution, ne jamais faire parler de lui car l’homme mourra avant d’autre chose. A l’inverse, il arrive encore fréquemment qu’un cancer de la prostate soit diagnostiqué tardivement dans son évolution, une fois que des symptômes seront apparus. Ils sont essentiellement d’ordre urinaire : envie fréquente d’uriner, douleur à l’émission d’urine, faible jet d’urine, difficulté à vidanger la vessie…

Si un cancer est diagnostiqué, il faut enlever au plus tôt la prostate.
FAUX Dans le cas où il n’y a aucun symptôme, que le cancer est localisé et de faible risque d’évolution, une surveillance active peut être proposée plutôt qu’un traitement immédiat. Elle consiste à réaliser tous les 6 mois un dosage du taux de PSA et un toucher rectal, puis une nouvelle biopsie à un an et ensuite tous les deux ou trois ans. Si au cours de cette surveillance, la maladie s’aggrave, un traitement est mis en route. Il ne s’agit pas toujours d’une ablation complète de la prostate (prostatectomie totale), des traitements conservateurs tels que la radiothérapie ou la destruction de la tumeur par ultrasons focalisés peuvent aussi être envisagés en première intention.

Un dosage du PSA suffit à diagnostiquer un cancer.
FAUX Le PSA est un marqueur caractéristique de la prostate certes, mais pas du cancer. Ainsi le taux de PSA dans le sang peut augmenter pour de nombreuses raisons non cancéreuses, comme une prostatite ou une hypertrophie bénigne. Et même, dès que l’on manipule la prostate lors d’une biopsie ou de la pose d’une sonde vésicale, ce taux de PSA augmente ! Pour qu’il y ait suspicion d’un cancer de la prostate, plusieurs examens médicaux doivent apporter des informations concordantes : dosage du PSA, toucher rectal, échographie et/ou IRM. Ensuite, le diagnostic ne sera posé avec certitude qu’après un examen méticuleux par un anatomo-pathologiste de tissus prostatiques prélevés lors d’une biopsie.

Après 75 ans, il est inutile de continuer à faire un dépistage du cancer de la prostate.
VRAI Après 75 ans, et en dehors de tous facteurs de risques particuliers (antécédents familiaux, origine ethnique), le risque de décéder d’un cancer de la prostate est quasiment nul. En effet, à cet âge-là, l’espérance de vie diminue tandis qu’un cancer met plus d’une dizaine d’années à se développer et à devenir dangereux. Il vaut donc mieux ne pas inquiéter inutilement les seniors en leur proposant des examens, et le cas échéant en leur annonçant un cancer qui ne changera probablement rien à leur parcours de vie.

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