Quand le cheval nous épate !

Cheval Magazine Hors-série n°31 – Communiquer avec son cheval – octobre 2014 /

Les capacités intellectuelles des équidés ont longtemps été ignorées par l’homme, même si l’Histoire nous a offert quelques exemples de chevaux particulièrement malins. Depuis quelques années, éthologistes et spécialistes des sciences cognitives s’y intéressent de plus près.

Il nous reconnaît
Les chevaux se reconnaissent entre eux par diverses informations, c’est indéniable, sinon ils ne pourraient entretenir de liens sociaux. Mais quant est-il avec les humains qui les entourent ? L’équipe de Martine Hausberger à l’Université Rennes I (France) a notamment révélé que les chevaux étaient capables de reconnaître une personne déjà connue par différents biais, les informations visuelles mais aussi la voix de celle-ci. Et même, d’anticiper son comportement dans des situations familières ! Cela laisse penser qu’ils sont donc capables d’intégrer le concept d’individu, représenté par un ensemble d’informations complexes.

Il distingue les quantités
Placez un cheval face à deux seaux dont il ne peut voir le contenu. Alors qu’il vous regarde attentivement, faites tomber plusieurs pommes dans un seau, et seulement quelques unes dans l’autre. Observez vers quel seau le cheval va se diriger spontanément… Lorsque Claudia Uller et ses collègues de l’Université de Cambridge (Grande-Bretagne) ont réalisé cette expérience avec une cinquantaine de chevaux, ils ont constaté que ces derniers se rapprochaient systématiquement du seau contenant le plus grand nombre de pommes. À défaut de pouvoir précisément compter, le cheval est donc capable de distinguer des quantités.

Il reconnaît un objet présenté sous différentes formes
Plusieurs études tendent à démontrer que le cheval est capable de « conceptualiser » un objet, c’est à dire de fabriquer une image mentale de celui-ci qui lui permettra par la suite de le reconnaître même s’il lui apparaît différemment. Ainsi Evelyn Hanggi, de l’Equine Research Foundation (Californie, États-Unis) a montré que certains chevaux sont capables de reconnaître des photos d’objets qu’ils ont découvert en trois dimensions, et vice-versa. Elle a aussi montré que certains sont plus habiles que d’autres pour reconnaître un objet familier qui leur est présenté selon un angle différent.

Il forme des catégories
Dans la vie de tous les jours, distinguer « ce qui se mange » de « ce qui ne se mange pas », ou bien « ce qui est dangereux » de « ce qui n’est pas dangereux même si ça fait peur » est vital pour bon nombre d’animaux ! Plusieurs études se sont à cette capacité à former des concepts vis à vis de l’environnement et des stimulus extérieurs et à les associer entre eux. Les chercheurs ont ainsi pu montrer que, tout comme certains oiseaux, ou d’autres mammifères terrestres ou marins, le cheval est capable de catégoriser ce qui l’entoure, que ce soit par apprentissage lors d’expérimentations menées par l’homme, ou bien seul, de façon naturelle. Il est même capable de le faire avec des concepts, c’est-à-dire des informations organisées entre elles pas uniquement selon des perceptions. Ainsi, Alban Lemasson et ses collègues de l’Université de Rennes ont découvert que le cheval est capable de distinguer uniquement sur la base de leurs hennissements, les chevaux faisant partie de leur groupe social, ceux qu’il connaît sans les voir en permanence et ceux qu’il ne connaît pas.

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