Dossier : Cancer du poumon, ces vies qui partent en fumée. FRM#104

Dossier sur le cancer du poumon paru dans Recherche & Santé n°104
La revue de la Fondation pour la Recherche Médicale – octobre 2005

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EXTRAIT :

 Depuis l’après-guerre, le taux de survie des malades atteints d’un cancer du poumon n’a quasiment pas été amélioré. En parallèle, le nombre de nouveaux de cas ne cesse d’augmenter, et ce de façon alarmante chez les femmes. Il est donc urgent de réagir, notamment en améliorant la prévention et le dépistage.

Avec plus de 27 000 morts par an en France, le cancer du poumon se situe au premier rang des décès par cancer chez l’homme et au deuxième chez la femme. Alors que cette maladie était encore rare au début du XXe siècle, son incidence ne cesse d’augmenter depuis, avec en 2000, près de 28 000 nouveaux cas diagnostiqués. Si, pour la mortalité comme pour l’incidence, la part masculine reste largement prédominante, entre 80 % à 85 % des cas, on constate de façon évidente une décroissance s’amorcer chez les hommes dans les pays industrialisés. En parallèle, on assiste à une véritable explosion chez les femmes depuis une dizaine d’années. Ainsi aux Etats-Unis, chez la femme, le nombre de décès dus au cancer du poumon dépasse depuis peu ceux dus au cancer du sein.

Il existe plusieurs formes de cancers du poumon. On distingue le cancer non à petites cellules : les carcinomes épidermoïdes, environ 40% des cas, actuellement deux fois plus fréquent chez l’homme et l’adénocarcinome bronchique, le tiers des cas que l’on retrouve volontiers chez la femme (voir encadré p. XX) et le non-fumeur. Quant au cancer bronchique à petites cellules, beaucoup plus rare (17 % des cas en 2000), il touche plutôt des sujets jeunes soumis à un tabagisme court mais intense. Il est très souvent métastasé, en particulier dans le cerveau et les os.

Principal coupable : le tabac, dont le rôle a été démontré dès 1953 dans la survenue de près de 90 % des cancers du poumon. Deux éléments sont à prendre en compte lorsqu’on évalue le risque lié au tabac, il s’agit de la quantité de cigarettes fumées et la durée durant laquelle on fume. On estime aujourd’hui que la durée de l’intoxication joue un rôle plus important dans la survenue d’un cancer que la quantité fumée. Il est désormais clairement démontré que l’arrêt du tabac est d’autant plus bénéfique qu’il est précoce, mais il reste cependant bénéfique à tout âge. Si chaque jour sans fumer permet de diminuer les risques de survenue d’un cancer, il est clair aussi que chaque cigarette fumée les augmente : il n’existe pas d’effet seuil.

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