Dossier : Infections nosocomiales, une lutte sur tous les fronts. FRM#139

Dossier sur les infections nosocomiales paru dans Recherche & Santé n°139
La revue de la Fondation pour la Recherche Médicale – juillet 2014

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EXTRAIT :  

Une infection nosocomiale est forcément une maladie grave.
FAUX Tout dépend du type de bactéries en cause et aussi du site infecté. Par exemple, une infection urinaire causée par une banale bactérie E. coli sensible aux antibiotiques n’aura pas les mêmes conséquences et ne nécessitera donc pas la même prise en charge qu’une infection osseuse post chirurgicale par un staphylocoque doré résistant. L’état général du patient est aussi un facteur très important.

Le risque de contracter une infection nosocomiale est différent selon le service hospitalier.
VRAI Dans un service de réanimation, on constate qu’en moyenne 30 % des patients contractent une infection nosocomiale, alors qu’ils ne sont que 5 à 7 % dans un service de médecine interne. Cela s’explique par le fait qu’en réanimation, beaucoup plus de gestes invasifs sont réalisés (pose de sonde urinaire, sonde d’intubation pour l’assistance respiratoire etc…) et cela multiplie les voies d’entrée potentielles pour des bactéries. Par ailleurs, les patients en service de réanimation sont en général dans un moins bon état de santé.

Une infection nosocomiale ne se déclare qu’à l’hôpital.
FAUX Par définition, une infection nosocomiale se contracte à l’hôpital, mais si le séjour est court, elle peut très bien ne se manifester qu’après la sortie du patient de l’établissement de soins. C’est par exemple le cas des infections contractées lors d’une chirurgie ambulatoire (lorsque le patient est opéré puis sort de l’hôpital le jour même). Ainsi, une infection est considérée comme nosocomiale si elle survient dans le mois qui suit le geste chirurgical, ce délai peut même être porté à un an lorsque l’opération a consisté en la pose de matériel prothétique (prothèse de hanche ou de genou par exemple). De même, des infections associées aux soins peuvent survenir chez des patients non hospitalisés, lors de leur prise en charge à domicile par exemple.

Les antibiotiques favorisent les bactéries résistantes.
VRAI Une mauvaise utilisation des antibiotiques engendre une augmentation des souches de bactéries résistantes. Pour lutter contre ce phénomène, il faut veiller à respecter plusieurs règles : n’utiliser les antibiotiques que lorsque c’est nécessaire et utile (la majorité des rhumes étant d’origine virale, rien ne sert d’utiliser des antibiotiques), utiliser la bonne catégorie d’antibiotiques (pas d’automédication, certains antibiotiques conviennent pour une otite quand d’autres seront plus appropriés pour une infection urinaire par exemple), respecter les doses et la durée du traitement (un antibiotique pris à une dose insuffisante ou sur une période trop courte peut favoriser l’apparition de bactéries résistantes).

Des indemnités sont prévues en cas d’infection nosocomiale.
VRAI En cas de préjudice subi à cause d’une infection contractée à l’hôpital, plusieurs voies de recours sont possibles. Dans tous les cas, il faut s’adresser en premier lieu à son assureur. Si le dommage est dû à une faute ou une erreur médicale, le dossier est transmis à l’assureur de l’hôpital ou de l’établissement de soins, qui fait une offre d’indemnisation. S’il n’y a pas de faute, on parle alors d’aléa thérapeutique : c’est l’Office national d’indemnisation des accidents médicaux, des affections iatrogènes et des infections nosocomiales (ONIAM) qui est chargé de présenter une offre d’indemnisation à la victime.

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