Le cheval pour mieux soigner les humains ?

Cheval Magazine n°529 – décembre 2015 /

modele science

 

– Les recherches sur certaines pathologies équines peuvent servir de modèles pour comprendre des maladies similaires qui surviennent chez l’homme, et même développer de nouveaux médicaments.

– Depuis quelques années, le concept « One Health » (Une seule santé) prend de l’ampleur : il vise à abolir les frontières entre santé humaine et santé animale, et à renforcer la coopération scientifique.


 

Un athlète comme les autres
« Athlète professionnel, le cheval constitue un excellent modèle de pathologie sportive articulaire spontanée », déclarait en 2008 le Pr Jean-Marie Denoix, directeur du Centre d’Imagerie et de Recherche sur les Affections Locomotrices Equines (le CIRALE, en Basse-Normandie). Une phrase prononcée devant la très respectueuse Académie de Médecine, à l’occasion d’une séance sur l’intérêt de l’échographie pour examiner les tendons, que ce soit chez les quadrupèdes ou les bipèdes ! De fait, la taille des articulations et des tendons chez le cheval facilite leur étude par imagerie médicale, d’autant qu’ils affleurent sous la peau. Depuis plusieurs années, la radiographie, l’échographie puis l’IRM ont permis aux vétérinaires d’étudier en détail les lésions qui surviennent chez les chevaux à qui on impose un entraînement intense et prolongé. De quoi faire des parallèles avec les blessures observées chez les sportifs de haut niveau, et même élaborer des stratégies thérapeutiques communes. Avec le développement des unités de médecine sportive pour chevaux, dans les écoles nationales vétérinaires notamment, des comparaisons sont désormais aussi effectuées au niveau de l’appareil respiratoire ou du système cardiovasculaire.
J.-M Denoix, Bull. Acad. Natle Méd., 2008, 192, no 3, 521-540, séance du 11 mars 2008


 

Quand le cheval déprime, le scientifique observe…
Isolement social, confinement, surcharge de travail… Comme l’homme, le cheval peut être soumis à de nombreux stress physiques ou psychologiques. Et comme l’homme, il développe parfois des troubles du comportements : les tics des chevaux sont en quelque sorte nos TOCS (troubles obsessionnels compulsifs). En 2012, une équipe du laboratoire EthoS, de l’Université de Rennes, s’est intéressée à des chevaux de centres équestres et a suggéré qu’ils pourraient constituer un nouveau modèle d’étude des troubles dépressifs. Certains de ces chevaux développent en effet une sorte d’apathie : ils semblent profondément fatigués, le corps et la tête fixes pendant de longues périodes, insensibles aux stimuli visuels ou tactiles de leurs environnement, et présentent des taux de cortisol anormalement bas et une anxiété élevée. Des caractéristiques très proches de l’état dépressif chez l’homme ou d‘autres mammifères. Et les auteurs de cette étude de suggérer que le cheval devienne le nouveau modèle d’étude de la dépression chez l’homme.
C. Fureix et al., PLoS ONE, doi:10.1371/journal.pone.0039280. (2012)

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