Les indices, objet de controverse

Hors série Cheval Magazine Sport & Élevage – juillet 2010

Créés pour aider les éleveurs dans leur travail de sélection, les indices de performance et indice génétique ont pourtant soulevé de nombreux débats. Très utiles pour certains, caricaturaux voire mal conçus pour d’autres, la polémique reste vive quant à leur utilisation. Sans compter qu’ils passent parfois mal les frontières.

→ Problèmes de mode de calcul

Depuis quelques années, le montant des gains lors des compétitions mais aussi la répartition de ces gains au sein d’une même épreuve sont devenus de plus en plus variables et sans lien avec l’importance de l’épreuve elle-même. De sorte que la somme des gains annuels d’un cheval ne reflétait plus ses performances et donc pouvait induire des méprises lors des calculs des indices de performance. Pour pallier à ce problème, une réflexion a été menée par les Haras Nationaux, en collaboration avec les associations d’éleveurs et une nouvelle méthode de calcul a été décidée.

La méthode de calcul du BLUP est quant à elle critiquée par certains éleveurs qui estiment qu’elle défavorise certains reproducteurs qui ne sont pas eux mêmes des performers mais ont une excellente descendance. Ainsi, une jument qui ne sort jamais en compétition aura un moins bon BLUP qu’une autre aux résultats moyens, même si la première a de très bons poulains. Le BLUP défavorise aussi les chevaux près du sang dont l’un des géniteurs de race pur sang aurait fait sa carrière sur les hippodromes.

→ Problèmes d’utilisation

Dans ce domaine, c’est encore le BLUP qui s’est le plus attiré les foudres. Pendant une quinzaine d’années, cet indice a pris une place prépondérante dans la sélection opérée principalement par les Haras Nationaux. Du coup, les éleveurs de chevaux de sport français les moins critiques ont eux aussi beaucoup misé sur ce seul indice. Le problème c’est que la performance et la génétique ont alors supplanté tous les autres critères, aucune place n’étant accordée au modèle, à son élégance et à l’apport de sang neuf. Changement de stratégie en 2008 : l’Association Nationale du Selle Français décide de ne plus utiliser le BLUP comme critère de sélection mais comme un simple élément d’information parmi d’autre. Dans le guide des étalons 2010, il a même été décidé de ne plus l’indiquer ! Un virage à 180° assez surprenant quand on sait que les grandes races européennes utilisent quant à elles de plus en plus cet indice génétique…/…

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