Les insectes médicaments

Science & Vie Junior hors-série avril 2015 /

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Se soigner avec des insectes, l’homme l’a fait depuis des milliers d’années. Mais aujourd’hui, plus question de poudres de scarabées séchés ou des crèmes à base de chenilles écrasées. La médecine moderne veut des molécules validées par la science ! Pas si facile…

« Pour le rhume du petit, je vous mets de la potion de hanneton, ça le calmera. Vous verrez, ça marche très bien. » Sur le comptoir, la pharmacienne glisse la bouteille dans un petit sac à croix verte. « Et pour mon mal de dos, vous auriez quelque chose ? », hasarde la cliente. « Un verre de vin de fourmi chaque jour, et votre dos sera aussi solide que la carapace de ces petites bêtes! » Dans notre pays, voilà qui ressemblerait à un dialogue de science-fiction. Mais en Chine, ce sont des choses qui se disent presque chaque jour dans les échoppes des pharmacies traditionnelles. Là-bas, avec 300 espèces mises au service de notre santé, les insectes constituent encore 5 à 10 % de la pharmacopée traditionnelle.
Essayez donc de vous faire délivrer ce genre de remède à Londres, Paris ou Francfort, et vous nous en direz des nouvelles ! À ce jour, un seul médicament occidental est à base d’insecte: l’alloferon. Il contient une molécule active contre les virus découverte chez la mouche Calliphora vicina. C’est le laboratoire russe Entopharm qui le commercialise depuis 2005, uniquement en Russie, pour traiter des maladies virales chroniques comme les hépatites B et C ou l’herpès génital.

Pourquoi si peu ? Quand on sait que plus de 70 % des espèces animales sont des insectes, que libellules, mantes ou sauterelles soignent nos ancêtres depuis des temps très anciens —plus de 5000 ans en Mésopotamie —, on se demande bien pourquoi l’industrie moderne du médicament ne s’est pas encore ruée sur cette ressource pleine de promesses. C’est d’autant plus surprenant que les insectes sont de vraies pharmacies à (six) pattes. Comme le prouvent les biologistes depuis des dizaines d’années, ils sont capables de survivre sans problème au contact de bactéries et de champignons nocifs pour les humains.

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