L’insuffisance cardiaque – dossier FRM

Article paru dans Recherche & Santé n°153 – La revue de la Fondation pour la Recherche Médicale – hiver 2018 /

 

Extraits :

 

L’insuffisance cardiaque est une maladie silencieuse.
FAUX
Si certaines causes de la maladie, comme l’athérosclérose ou l’hypertension artérielle, peuvent être silencieuses, l’insuffisance cardiaque, une fois installée, est une pathologie dont les symptômes sont faciles à repérer. Ils sont résumés sous l’acronyme EPOF : essoufflement à l’effort voire au repos, et même allongé, prise de poids relativement rapide, œdèmes des membres inférieurs, avec des chevilles et/ou des pieds gonflés, fatigue importante qui limite l’activité au quotidien. Si ces symptômes sont associés, ou de survenue récente, ils doivent conduire à consulter rapidement un médecin.

Être essoufflé au repos est un signe de gravité de la maladie.
VRAI
L’insuffisance cardiaque est liée à une mauvaise circulation sanguine dans les poumons, le patient a alors du mal à respirer. Lorsque cet essoufflement est présent même au repos, c’est un signe de gravité de la maladie. Concrètement, les malades dorment mal, voire ne peuvent dormir qu’en position assise. Si cet essoufflement au repos survient subitement, c’est un signe d’extrême gravité qui nécessite une consultation d’urgence ou un appel au Samu.

En cas d’insuffisance cardiaque grave, une greffe de cœur peut être nécessaire.
VRAI
Quand le cœur est épuisé et qu’il ne répond plus à aucun traitement, une greffe peut être envisagée. Cependant, le nombre de greffes réalisées chaque année est limitée par le nombre de donneurs : en 2016, 477 greffes de cœur ont été effectuées en France. Le délai moyen d’attente est d’environ un an. Par ailleurs, les traitements immunosuppresseurs, qui visent à réduire le risque de rejet de la greffe, peuvent avoir des effets secondaires importants, notamment un risque accru d’infections et de cancers, c’est pourquoi la greffe n’est toujours envisagée qu’en dernier recours.

Il n’y a pas de lien entre insuffisance cardiaque et infarctus du myocarde.
FAUX
Après un infarctus du myocarde, près d’un quart des malades va souffrir d’une insuffisance cardiaque. En effet, lors d’un infarctus, le muscle cardiaque est momentanément privé d’apport en oxygène par le sang parce qu’une artère est bouchée. Si cette situation perdure, les cellules meurent, une partie du muscle est détériorée et le cœur perd de sa contractilité. Ainsi, plus un infarctus est pris en charge tôt, plus l’artère est débouchée rapidement (on parle de reperfusion) et moins le risque d’insuffisance cardiaque est important.

Un insuffisant cardiaque doit se surveiller tous les jours, même sous traitements.
VRAI
Il est important en effet de veiller à ce que le traitement soit efficace et que l’insuffisance cardiaque ne s’aggrave pas : concrètement, le malade doit surveiller chaque jour son poids, d’éventuels essoufflements inhabituels, des gonflements des membres, des chevilles, des doigts… Car cela peut être autant de signe d’aggravation de la maladie, voire de décompensation (aggravation brutale de la maladie qui peut être fatale).

 

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