Sages-femmes et formation au portage

Mai 2015 – Profession Sage-femme /

À la faveur d’une tendance générale en faveur d’un maternage plus important, des ateliers de portage sur multiplient en France, dont certains à l’initiative des sages-femmes. À la maternité ou en libéral, comment s’organisent-elles et quel moyen ont-elles pour valoriser cette activité ?

DSC_1811©VirginieQUEVY

 

À la sortie de la maternité, les jeunes parents se trouvent bien souvent démunis face au siège auto, à la poussette ou au cosy pour y installer correctement leur bébé… Mais s’ils veulent le lover dans une écharpe de portage, il est probable qu’ils soient moins dépourvus ! En effet, en même temps que cette pratique se développe (même s’il n’existe pas de statistiques officielles), il existe aussi de plus en plus d’ateliers de formation au portage. Et nombreuses sont les sages-femmes qui ont incorporé cette activité à leurs pratiques professionnelles, chacune à leur manière.

De la “mère porteuse” à la sage-femme conseillère

Dans la majorité des cas, les sages-femmes conseillères en portage ont découvert cette pratique lorsqu’elles sont devenues mères, par des chemins de traverse, avant de s’y former professionnellement : « je me suis intéressée au portage il y a une dizaine d’années. À la naissance de mon 1er enfant, c’était une évidence ! J’ai beaucoup tâtonné, regardé sur internet, essayé plusieurs modèles d’écharpes… Le déclic professionnel est venu après mon 2ème, en 2010. J’en ai parlé à ma cadre, et j’ai suivi une formation auprès de l’AFPB (voir encadré) grâce au financement de l’association de soutien de la maternité », raconte Virginie Quevy, qui travaille à la Maternité de Thonon-les-Bains (Hôpitaux du Léman, Haute-Savoie). Un parcours similaire pour Nathalie Lamothe, libérale à Nice : « C’est une démarche personnelle, quand j’étais enceinte il y a 9 ans, auprès d’autres mamans et grâce à un petit livret d’information fourni avec l’écharpe. Ensuite, j’ai sauté le pas professionnellement et suivi une formation de conseillère en portage auprès de l’association Peau à peau. » Pour certaines, l’intérêt est plus motivé : « Dès mes études en 2007 je me suis intéressée au portage car je suis très concernée par le développement des relations parents-enfant, et l’écharpe est un excellent outil pour ça, raconte Aurélia Dupuis, sage-femme libérale à Bourgoin-Jallieu (Isère). Je me suis formée dès que je me suis installée en libérale, en 2013, en financement moi-même mon stage à l’AFPB. »

Des ateliers à la carte

Au cabinet, cette activité dépend de la demande à laquelle la sage-femme fait face, de la taille de ses locaux, de sa disponibilité… Certaines ne proposent que des ateliers individuels, d’autres pratiquent aussi en petit groupe. Cela peut durer entre 1h et 2h30, ou bien être étalé sur plusieurs séances : « le 1er atelier a lieu en général avant la grossesse, ou 3 à 4 semaines après. Je parle beaucoup de la théorie, j’insiste sur l’intérêt du portage au niveau de la physiologie de l’enfant : la prévention des dysplasies de la hanche, de la plagiocéphalie, le soulagement apporté aux bébés qui souffrent de torticoli ou de reflux gastro-œsophagien. Et je montre un ou deux nouages physiologiques, notamment sur la hanche, raconte la sage-femme iséroise. Je propose un 2ème voir un 3ème atelier si les mères veulent découvrir d’autres nouages, notamment sur le dos, ou une plus grande diversité de techniques (écharpes tissées, extensibles, sling, manduca… ndlr). » Une documentation papier est parfois distribuée aux mères, pour leur permettre de retrouver les différents nouages chez elles.

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