Dossier paru dans « Recherche & Santé », le magazine de la Fondation pour la Recherche Médicale en janvier 2026 /
C’est l’un des cancers pour lesquels l’incidence augmente le plus rapidement, tout particulièrement en France. Et qui reste associé à un pronostic des plus défavorables. Mais de récents résultats encourageants quant à deux nouvelles pistes thérapeutiques permettent enfin d’espérer une meilleure prise en charge des malades. Pour les chercheurs comme pour les médecins, les défis à relever sont encore nombreux.
D’ici 2030, le cancer du pancréas pourrait devenir la 2ème cause de mortalité par cancer en France, derrière les tumeurs du poumon. Pourtant il est relativement peu fréquent, au 7ème rang actuellement quant au nombre de nouveaux cas par an. Mais cette incidence augmente rapidement. Et surtout, il est associé à un pronostic très sombre : seulement 11 % de taux de survie à 5 ans. En cause, un repérage tardif, plus de la moitié des malades ont déjà des métastases au moment du diagnostic, et des traitements peu spécifiques. De récentes découvertes quant à la signature moléculaire de ces tumeurs et le développement d’une thérapie ciblée relancent l’espoir. Les chercheurs tentent aussi de comprendre pourquoi ces tumeurs sont de plus en plus fréquentes.
Une tumeur trop discrète
Le pancréas secrète des enzymes digestives et des hormones qui régulent le taux de sucre dans le sang. Dans 90 % des cas, la tumeur est un adénocarcinome : ce sont les cellules produisant les sucs digestifs qui sont à l’origine d’une tumeur. Dans les 10 % restant, lorsqu’il s’agit des cellules productrices d’hormones, on parle de tumeur neuroendocrine. Dans les deux cas, elles peuvent évoluer plusieurs années sans provoquer de symptômes. Et lorsqu’ils surviennent, ils sont peu spécifiques : douleurs abdominales, troubles digestifs, fatigue, amaigrissement important, voire une jaunisse. De fait, le cancer du pancréas est très souvent découvert à un stade avancé. « Ces tumeurs sont au carrefour de la complexité : par leur situation anatomique, leurs manifestations peu spécifiques et leurs répercussions sur tout l’organisme », résume le Dr Anthony Turpin, oncologue au CHU de Lille.
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