Les cellules de transfert entre maternités

juin 2017 – Profession sage-femme n°236 /

Régulation des transferts périnatals : À chaque région, sa façon de faire

D’après la dernière enquête périnatale de 2010, en France métropolitaine, 1,6 % des grossesses donnent lieu à un transfert in utero puis à un accouchement ailleurs que dans la maternité prévue initialement. Un taux qui a peu changé depuis 2003. Durant cette même période, plusieurs cellules de régulation et d’orientation des transferts se sont mises en place. En pratique, comment travaillent les sages-femmes de ces cellules ?

Lorsqu’il y a inadéquation entre la structure hospitalière où une femme enceinte est prise en charge et la pathologie qu’elle ou son enfant présente, un transfert in utero est indiqué. En 2006, une circulaire ministérielle1 en a ainsi fixé les grands principes. Elle précisait notamment que les transferts doivent être prévus et décrits dans des protocoles, et que d’ici 2008, leur régulation devrait être gérée de manière centralisée dans chaque région et/ou réseau périnatal, avec un numéro d’appel unique disponible 24h/24 et 365 jours par an. Mais elle se gardait bien de proposer un modèle unique d’organisation.

Sept ans après, où en est on ? D’abord, toutes les régions ne disposent pas d’une cellule de gestion centralisée des transferts. Certaines s’en sortent même très bien sans (voir encadrés) ! Certaines grosses régions disposent d’un véritable service avec du personnel dédié. Entre les deux, chaque région, chaque réseau, s’est organisé à sa façon…

Mission : trouver des places

La cellule de transfert d’Île-de-France est la plus ancienne. Elle est hébergée par l’hôpital Antoine Béclère (Hauts-de-Seine) depuis 1998. « Au départ, elle fonctionnait avec des sages-femmes volontaires, détachées de leur établissement. En 2002, un premier poste de titulaire à temps plein a été créé. Aujourd’hui nous sommes 6 sages-femmes à temps plein, financées par l’ARS, à tourner sur ce poste, raconte Isabelle Leguillette. La cellule est ouverte 24/24 et 7j/7 et dispose d’un numéro d’appel unique. Nous gérons environ 1800 appels par an, uniquement pour des transferts in utero sur la région Île-de-France élargie, soit une centaine de maternités. » Les maternités se référent uniquement aux recommandations officielles2 pour décider si un transfert est nécessaire ou pas, puis elles appellent la cellule. Celle-ci remplit un dossier informatisé, différent selon chaque raison d’appel. « En fonction des données cliniques fournies, et du réseau périnatal auquel appartient la maternité demandeuse, on contacte les établissements susceptibles de recevoir la patiente. Pour trouver une place, cela peut prendre un quart d’heure à plusieurs heures en cas de fermetures de lits pendant les congés par exemple. Dès que la demande est acceptée, la maternité demandeuse est prévenue, elle se charge elle-même de contacter la maternité receveuse et d’organiser le transport. »

 

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