Chevaux de couleur, entre robes et races

Cheval Magazine n°458 Dossier – janvier 2010

Ils sont palomino, tobiano, noir de jais ou encore léopard et font rêver certains d’entre nous. La France connaît un réel engouement pour ces chevaux à la robe un peu particulière et les élevages spécialisés se multiplient. Derrière l’enthousiasme se cache une réalité complexe parsemée de questions autour de la reconnaissance des races, de la génétique et de l’utilisation de ces chevaux.

PARTIE 1 : Des goûts, des races et des couleurs
Paint, pie ou pinto ? À elle seule, cette question résume la problématique qui entoure les chevaux de couleurs. Entre robe et race, la distinction n’est pas toujours simple. Pour comprendre la diversité qui existe actuellement, il parfois remonter aux sources.

À la manière de l’oiseau du même nom, un cheval pie arbore de grandes taches blanches. Le mot pie, qui serait apparu dans le langage hippique au 16e siècle, décrit donc une robe. Aux Etats-Unis, ces chevaux étaient très appréciés des indiens, qui eux-mêmes aimaient à se peindre le visage. Les cow-boys, probablement pour se démarquer, les ont proscrit, et les éleveurs de quarter horse ont refusé de les inscrire dans leur stud-book. C’est pour ces chevaux de travail à la robe pie que la race paint a été créée en 1962. Entre robe pie et race paint, il existe aussi un registre pour les pinto. Ce livre généalogique enregistre tous les chevaux et poneys pie quelque soit leur race.

Signes extérieurs de reconnaissance

Cette histoire illustre bien la situation des chevaux aux robes un peu particulières. On les appelle d’ailleurs chevaux de couleur, même si les alezans, bais et autres gris sont eux aussi de couleur ! S’il existe aujourd’hui une race paint ou une race crème, c’est en partie parce que ces robes un peu particulières sont interdites dans de nombreux stud-books. Au lieu de disparaître, elles se sont pourtant formidablement développées grâce à la passion d’une poignée d’éleveurs et de cavaliers, qui à force de lutte et d’organisation, ont réussi à mettre sur pied des stud-books rien que pour ces chevaux et à les faire reconnaître en tant que races, d’abord aux Etats-Unis puis progressivement dans d’autres pays.

Pour autant ces races-là, certainement les plus connues dans le monde des chevaux de couleur, ne sont pas les seuls à appliquer des critères de robes dans le règlement de leur stud-book. Tous les Lipizzan et les Camargue doivent ainsi être gris à l’âge adulte, de la même façon qu’un Mérens ou un Frison ne peuvent être que noirs ! Et si on veut plus original, il existe aussi des races européennes à la robe tachetée ou pie, tel le Knabstrup au Danemark ou l’Irish cob en Irlande.

Plus qu’un accessoire

Qu’elle soit simplement alezane ou plutôt extravagante comme le pie léopard, la robe est une caractéristique important en terme d’élevage. D’abord c’est un élément essentiel à l’identification d’un cheval. Grâce aux récentes découvertes en génétique elle permet aussi dans certains cas de contrôler la filiation (par exemple, un cheval gris a obligatoirement l’un de ses parents gris). Ensuite plusieurs races font de la robe un critère incontournable ou au contraire exclusif pour l’inscription dans leur stud-book. Par ailleurs, elle a un poids économique : l’esthétique et donc la robe jouent un rôle de plus en plus important lorsqu’il s’agit d’acheter un cheval. Enfin, elle permet dans certains cas de maîtriser d’autres caractéristiques, et notamment l’apparition de maladies, puisque l’on sait maintenant que des mécanismes de coloration du pelage peuvent être liés à l’état de santé d’un cheval voire à ses performances…/…

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