Ostéopathie : soigner du bout des doigts

Cheval Magazine n°415 rubrique Vétérinaire – juin 2006

À l’heure où la médecine vétérinaire fait de plus en plus appel à la technologie, l’ostéopathe n’utilise que la main comme outil de diagnostic et de soins. Coups de projecteur sur cette médecine qui rencontre un intérêt grandissant de la part du monde hippique.

Autrefois dans nos campagnes, les rebouteux étaient connus pour leur capacité à soigner avec leurs mains les bêtes mal en point, voire les paysans eux-mêmes. Ils utilisaient des techniques ancestrales très empiriques. Si certains considèrent les rebouteux comme les ancêtres de nos ostéopathes, il convient de distinguer leur approche. L’ostéopathie repose aujourd’hui sur des techniques de manipulations loin d’être empiriques. Seule une excellente connaissance de l’anatomie et des pathologies permet à un ostéopathe d’exercer correctement son métier.

Littéralement, ostéopathie signifie maladie des os. En réalité, il s’agit de soigner par l’intermédiaire de manipulations du squelette. Cette technique est née de la volonté d’un chirurgien américain, Andrew Still, qui soigna des soldats lors de la Guerre de Sécession. Peu convaincu par la médecine de son époque, Still préféra baser sa pratique sur la palpation et la manipulation du corps. En France, l’ostéopathie n’a fait son entrée dans les facultés de médecine qu’en 1982, avec la création d’un enseignement universitaire spécifique. Didier Feltesse, alors kinésithérapeute, en est l’un des pionniers. Devenu médecin quelques années plus tard, c’est lui qui formé Dominique Giniaux. Adaptant ensuite ses connaissances aux chevaux et ce malgré les réticences de nombreux vétérinaires, Dominique Giniaux est devenu l’un des meilleurs spécialistes mondiaux en ostéopathie équine. L’essor de cette pratique vétérinaire non conventionnelle en France lui doit beaucoup.

Palpation et manipulation

L’ostéopathie repose sur des principes fondateurs. Avant tout, le corps doit être considéré dans son ensemble, c’est l’approche holistique. Cela signifie qu’une perturbation survenant dans une partie du corps peut avoir des répercussions n’importe où ailleurs. D’autre part il existe un lien très fort entre une structure et sa fonction. Ainsi si l’une est touchée, cela a forcément des répercussions sur l’autre. Enfin, la colonne vertébrale doit être considérée comme la poutre maîtresse : c’est elle qui soutient tous les organes, elle est en relation avec eux via l’ensemble des tendons et des muscles. À travers les fibres nerveuses contenues dans la moelle épinière, c’est elle qui assure tout le “ câblage ” de l’organisme…/…

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