Un cheval dans la ville

Dossier paru dans Science & Vie Découvertes n°241 – janvier 2019 /

 

 

Aller à l’école à cheval, un rêve ? Non, c’est la vraie vie, pour les kids de Vendargues, dans les Bouches-du-Rhône ! Chaque matin, des écoliers de la ville montent dans un hippobus, une carriole tirée par des chevaux, pour aller en cours. Réviser ses tables de multiplication au rythme des sabots sur le macadam… Trop la classe ! Ça a l’air dingue, et pourtant : à Chaise-Dieu du Theil, en Normandie, à Villebarou en Centre-Val de Loire ou encore à La Chapelle Gaceline en Bretagne, des hippobus sont aussi apparus dans les rues des villes ces dernières années.

L’idée d’utiliser le cheval pour effectuer des tâches quotidiennes n’est pas nouvelle, bien sûr ; l’animal a longtemps servi à transporter des voyageurs, à travailler la terre, à soulever des marchandises, à faire la guerre… Pendant des siècles, il a partagé l’histoire des hommes : c’est à dos de cheval que le célèbre Alexandre le Grand a bâti son gigantesque empire, durant l’Antiquité, et que les cowboys américains ont lancé leur conquête de l’ouest au 18e siècle. Mais l’invention du moteur, au 19e siècle, a tout changé. Voitures, machines, trains… ont remplacé le cheval (lis p35).

Devenu un animal de loisir et de sport, l’équidé star n’a pas disparu pour autant : en France, on compte plus d’un million de chevaux et de poneys ! Ça tombe bien : désormais, on redécouvre les avantages de l’animal face aux grosses machines. Tiens, l’hippobus, par exemple : il ne pollue pas comme un véhicule à moteur. Un cheval, c’est zéro essence consommée, pas de gaz polluants rejetés, pas de bruit non plus. Et pas seulement sur le chemin de l’école : dans certains villages de l’Aube et du Lot-et-Garonne, les équidés servent au ramassage des poubelles; à Uzès, dans le Gard, les chevaux tirent les citernes d’eau qui servent à arroser les plantes ; au Mont Saint Michel et dans la baie de Somme, ce sont les touristes qui se déplacent en carrioles ; et sur les berges de la Seine, des chevaux servent au halage de péniches (ils les tirent depuis le bord).
Petit et léger, le cheval se déplace aussi plus facilement qu’un tracteur entre les cultures. Il travaille sans trop écraser la terre ni abimer les autres plantes. En Bourgogne, le domaine de la Romanée Conti est connu dans le monde entier pour l’excellence de ses vins. Tout le travail de la vigne y est de nouveau fait avec des chevaux de trait. D’autres domaines viticoles ont suivi l’exemple. Dans les forêts aussi, le cheval fait des merveilles : sans lui, impossible de transporter d’immenses troncs d’arbres coupés, dans des zones très pentues ou difficiles d’accès, comme en montagne, dans le Jura ou les Alpes. Même dans la forêt de Fontainebleau, près de Paris, le débardage (le transport du bois) est fait à cheval. En plus, l’animal ne laisse derrière lui que du crottin, un excellent engrais pour les sols !

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