Article paru dans « Dr Good » n°49 en septembre 2025 /
L’année dernière en France, les transplantations d’organes ont atteint un niveau record et permis de sauver de nombreuses vies. Pourtant, l’opposition au prélèvement d’organes progresse. Un paradoxe à renverser.
Chaque jour en France, plus de 16 greffes d’organe sont réalisées et permettent de sauver des vies ! Rein et foie sont les plus fréquemment transplantés, suivis par les poumons, le cœur et le pancréas. Exceptionnellement, on greffe aussi des organes plus complexes comme l’intestin, l’utérus, les mains, les avant-bras et même la face… Un domaine dans lequel les équipes françaises ont réalisé de nombreuses premières mondiales. « En 2024, 6 034 greffes ont été réalisées, un niveau jamais atteint depuis 2017 », se réjouit Thomas Thuillier, coordinateur hospitalier des prélèvements d’organes et de tissus au Grand hôpital de l’est francilien (GHEF). L’autre bonne nouvelle, c’est que le nombre de greffes a augmenté plus vite que celui de patients inscrits sur liste d’attente. D’où une diminution des décès des personnes en attente de greffon par rapport aux années précédentes.
Ces bons résultats, on les doit notamment au développement des greffes issues de donneurs vivants. En effet, il est tout à fait possible de prélever un rein ou un lobe de foie chez une personne vivante sans affecter sa qualité de vie. Même si elles ne représentent pour l‘instant que 16 % et 1 % de l’activité totale pour ces deux organes, elles sont amenées à se développer. L’autre facteur de progression, ce sont de nouvelles possibilités de prélèvement sur des donneurs décédés. « Grâce aux progrès techniques et médicaux, nous prélevons chez des personnes de plus en plus âgées au moment du décès. Récemment des poumons ont par exemple été prélevés chez une femme de 84 ans et des reins chez une personne de 96 ans », détaille Thomas Thuillier. Par ailleurs, ce qui était considéré comme une contre-indication médicale hier ne l’est plus forcément aujourd’hui, ce qui permet de réaliser des prélèvements chez des personnes qui n’auraient pas pu être donneuses jusqu’alors. Enfin depuis 2014 la loi autorise à prélever des organes sur des donneurs décédés après un arrêt des traitements (par exemple une personne en coma profond, ne pouvant survivre sans assistance, et dont les traitements sont stoppés en accord avec ses directives de fin de vie ou sa famille).
…/…
