Vaccins : l’innovation et la prévention

Dossier paru dans « Recherche & Santé » n°187, le magazine de la Fondation pour la Recherche Médicale, en avril 2026 /

Depuis plus d’un siècle, les vaccins ont révolutionné la prévention des maladies infectieuses et permis de sauver des millions de vie. Mais il reste de nombreux défis à relever : les vaccins permettent d’empêcher les formes graves des maladies et de contenir certaines épidémies, mais ils n’évitent pas toujours l’infection. Et certains pathogènes résistent encore à l’approche vaccinale. Les chercheurs travaillent au développement de nouveaux vaccins mais aussi de nouveaux modes d’administration.

« Tous les pathogènes ne se ressemblent pas. Leur diversité nous oblige à adopter différentes stratégies vaccinales », explique le Pr Jean-Daniel Lelièvre, chercheur en immunologie et directeur de la recherche clinique du Vaccine Research Institute (Créteil).

Chaque année dans le monde, deux à trois millions de vie sont sauvées grâce aux vaccins ! Et pourtant, malgré des succès spectaculaires comme la quasi éradication de la polio ou le développement express de vaccins contre la Covid-19, la prévention vaccinale des maladies infectieuses fait encore face à de nombreux challenges. Cela tient autant à la biologie particulière de certains pathogènes, qu’à la formulation et à l’administration des vaccins.

Différents types de vaccins

La vaccination préventive contre les maladies infectieuses repose sur un principe simple : stimuler le système immunitaire à fabriquer des armes contre un pathogène avant même qu’il ne le rencontre. Pour cela, différents types de vaccins existent. Certains renferment le pathogène vivant mais rendu inoffensif, on parle de vaccins vivants atténués comme celui contre la rougeole ou la tuberculose. Ils miment l’infection naturelle et sont donc très efficaces pour induire une réponse immunitaire forte. Mais ils peuvent susciter des réactions indésirables chez certaines personnes fragiles.

D’autres sont dits inactivés : ils contiennent soit le pathogène entier mais inerte, soit seulement un fragment de celui-ci, le plus souvent une protéine de son enveloppe. Enfin, à la place de fragments du pathogène, certains vaccins contiennent le code génétique sous forme d’ARN permettant aux cellules de l’organisme humain lui-même de fabriquer ces fragments qui vont provoquer une réaction immunitaire. C’est le cas du vaccin contre la Covid-19, qui engendre toutefois une protection de courte durée, d’où la nécessité de rappels réguliers pour maintenir cette immunité sur un long terme.

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