Être en forme tout l’hiver

Article paru dans “Sciences & Avenir” n° 873 novembre 2019 /

Pour lutter contre la fatigue et le risque de maladies hivernales, il vaut mieux mettre toutes les chances de son côté. Cela passe par quelques gestes de prévention, faciles à mettre en œuvre, et par un sommeil de bonne qualité.

Prévenir vaut mieux que guérir

L’hiver, les maladies infectieuses sont plus fréquentes : les plus banales sont évitables grâce à de simples geste de prévention (lire interview p. XX). C’est aussi l’occasion de faire le point avec votre médecin traitant sur votre état de santé, et sur les examens à envisager selon votre âge et mode de vie. À partir de 45-50 ans, il est temps notamment de soucier du dépistage de certains cancers (sein, colorectal, prostate…) en fonction de vos antécédents familiaux notamment. Pourquoi ne pas vous intéresser aussi  à votre vue et votre audition? Plus la presbyacousie (perte de l’audition liée à l’âge) est prise en charge tôt et plus ce sera facile.  Quand on sait que la perte de l’audition est l’un des premiers facteurs de risque d’isolement social, mieux vaut ne pas négliger ce point-là. Les femmes doivent aussi apporter une vigilance toute particulière à la santé de leur cœur et artères. En effet, chez elles, les maladies cardiovasculaires sont la première cause de mortalité. En 2016, une étude publiée dans le Bulletin Épidémiologique Hebdomadaire révélait que le taux d’hospitalisation pour infarctus du myocarde chez des femmes de 45 à 54 ans augmente d’environ 5 % par an depuis 2008.

Bouger tous les jours

Été comme hiver, tous les jours de l’année, il est bon pour la santé d’avoir une activité physique : au moins 30 minutes de marche, de vélo, de jardinage ou même de ménage ! Même lorsqu’il fait froid dehors et/ou qu’il pleut, l’activité physique a des effets bénéfiques sur le fonctionnement du système immunitaire. Cependant les plus fragiles, notamment au niveau cardiovasculaire et/ou respiratoire, doivent être vigilants aux conditions climatiques et bien se protéger contre le froid. Pour éviter microtraumatismes et courbatures, tous doivent aussi faire attention à bien observer des périodes d’échauffement et de récupération de durée suffisante, et à bien s’hydrater (même si l’on ne transpire pas !)  

Ne pas abuser des médicaments

Il est légitime de ne pas consulter votre médecin au moindre symptôme et de vouloir s’automédiquer. D’ailleurs, beaucoup de maladies bénignes se soignent d’elles mêmes après quelques jours, et les médicaments disponibles sans ordonnance ne servent qu’à soulager les symptômes en attendant la guérison. Cependant, ils peuvent faire l’objet de contre-indications, risques d’interaction ou d’effets secondaires. Ces dernières années, la revue médicale indépendante Prescrire a ainsi mis à l’index des anti-rhumes contenant des antihistaminiques ou des vasoconstricteurs car ils présentent des risques cardiovasculaires. Elle a aussi plusieurs fois souligné le danger de certains médicaments contre les vomissements et les diarrhées. Face aux petits maux de l’hiver, mieux vaut donc systématiquement demander l’avis de votre pharmacien !

S’exposer à la lumière du jour

Avec la durée des jours qui diminue et la couverture nuageuse qui se densifie, l’hiver nous sommes moins exposé à la lumière du soleil. Or celle-ci a plusieurs rôles dans le bon fonctionnement de notre organisme : synchronisation de l’horloge interne qui influence notamment sommeil, vigilance et appétit ; stimulation des défenses immunitaires ; cognition ; synthèse de vitamine D… Il est donc important de veiller à s’exposer chaque jour au moins 15 minutes à la lumière naturelle, de préférence le matin, en sortant dehors ou simplement en se plaçant derrière une fenêtre. Un conseil qui vaut d’autant plus pour les seniors, les nourrissons, et les personnes qui travaillent dans un espace uniquement éclairé par de la lumière artificielle. On peut aussi utiliser des dispositifs ou des ampoules reproduisant la lumière naturelle. 

Combattre le stress

Surcharge de travail, organisation de la vie familiale… L’hiver est une période où les sources de stress sont nombreuses. Or si celui-ci peut avoir des effets bénéfiques à court terme, en nous permettant d’être plus réactif par exemple, lorsque le stress se prolonge, il pèse sur notre santé. De nombreuses études l’ont prouvé : il a des conséquences par exemple sur les maladies de peau, les douleurs abdominales ou de dos, les troubles du sommeil. La dernière étude en date, parue en mars 2019 dans le British Medical Journal a ainsi montré sur plus de 300 000 Suédois que « les troubles liés au stress sont fortement associés à plusieurs types de maladies cardiovasculaires, indépendamment du contexte familial, des antécédents de maladies somatiques ou psychiatriques. » Mieux vaut donc apprendre à repérer les signes avant-coureurs d’un stress chronique, et mettre en place des stratégies pour le combattre. Cela peut-être par exemple la pratique régulière d’une activité physique ou culturelle, des techniques de relaxation ou de méditation, ou prendre un « bain de nature ». En avril 2019, une étude américaine publiée dans Frontiers of Psychology révélait en effet que pour les citadins, passer trois fois dix minutes par semaine dans un endroit où l’on se sent en contact avec la nature (un parc, le long d’une rivière, en forêt…) permet de diminuer sensiblement le stress. 

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